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Textes d'actualité

Discours de Benoît XVI aux musulmans à Berlin 23 septembre 2011

publié le 27 sept. 2011 00:37 par webmaster SRI   [ mis à jour : 12 déc. 2011 05:57 ]

Berlin : Discours de Benoît XVI aux musulmans

 

 Vendredi 23 septembre 2011 (ZENIT.org) – Discours du pape Benoît XVI adressé ce matin à une quinzaine de représentants des communautés musulmanes présentes en Allemagne, qu'il a rencontrés à la nonciature apostolique de Berlin dans le cadre de son 3ème voyage en Allemagne.

 

Chers amis musulmans,

 

Il m’est agréable de vous adresser ici, aujourd’hui, un salut à vous, représentants de diverses communautés musulmanes présentes en Allemagne. Je remercie de tout cœur le professeur Mouhanad Khorchide pour ses paroles amicales de salutation. Elles me montrent combien a grandi une atmosphère de respect et de confiance entre l’Église catholique et les communautés musulmanes en Allemagne.

Berlin est un lieu opportun pour une telle rencontre, non seulement parce qu’ici se trouve la mosquée la plus ancienne sur le sol allemand, mais aussi parce qu’à Berlin vit le plus grand nombre de musulmans par rapport à toutes les autres villes d’Allemagne.

À partir des années 70, la présence de nombreuses familles musulmanes est devenue toujours plus un trait distinctif de ce pays. Il sera toutefois nécessaire de s’engager constamment pour une meilleure connaissance et compréhension réciproques. Cela est essentiel non seulement pour une cohabitation pacifique, mais aussi pour l’apport que chacun est en mesure de donner pour la construction du bien commun à l’intérieur de la société même.

Beaucoup de musulmans attribuent une grande importance à la dimension religieuse. Cela est interprété, parfois, comme une provocation dans une société qui tend à marginaliser cet aspect ou à l’admettre tout au plus dans la sphère des choix individuels de chacun.

L’Église catholique s’engage fermement pour que soit donnée la juste reconnaissance à la dimension publique de l’appartenance religieuse. Il s’agit d’une exigence qui ne devient pas insignifiante dans le contexte d’une société majoritairement pluraliste. Il faut faire attention, cependant, à ce que le respect envers l’autre soit toujours maintenu. Le respect réciproque grandit seulement sur la base de l’entente sur quelques valeurs inaliénables, propres à la nature humaine, surtout l’inviolable dignité de toute personne. Cette entente ne limite pas l’expression de chaque religion ; au contraire, elle permet à chacun de témoigner de manière constructive de ce en quoi il croit, en ne se soustrayant pas à la confrontation avec l’autre.

En Allemagne – comme en de nombreux autres pays, pas seulement occidentaux – ce cadre de référence commun est représenté par la Constitution, dont le contenu juridique est contraignant pour chaque citoyen, qu’il appartienne ou non à une confession religieuse.

Naturellement le débat sur la meilleure formulation de principes comme la liberté de culte public, est vaste et toujours ouvert, toutefois le fait que la Loi Fondamentale les exprime d’une façon encore valable aujourd’hui, à plus de 60 ans de distance (cf. art. 4, 2), est significatif. Nous y trouvons exprimé avant tout cet ethos commun qui est à la base de la cohabitation civile et qui en quelque manière indique aussi les règles apparemment seulement formelles du fonctionnement des organes institutionnels et de la vie démocratique.

Nous pourrions nous demander comment un tel texte, élaboré à une époque historique radicalement différente, dans une situation culturelle presque uniformément chrétienne, peut être adapté à l’Allemagne d’aujourd’hui, qui vit dans le contexte de la mondialisation et qui est marqué par un pluralisme notable en matière de convictions religieuses.

La raison de ceci, me semble-t-il, se trouve dans le fait que les pères de la Loi Fondamentale ont eu pleinement conscience, en ce moment important, de devoir chercher un terrain solide, sur lequel tous les citoyens pourraient se reconnaître. En faisant cela ils ne faisaient pas abstraction de leur propre appartenance religieuse; pour beaucoup d’entre eux, au contraire, la vision chrétienne de l’homme était la vraie force inspiratrice. Toutefois ils savaient devoir se confronter avec des hommes ayant une base confessionnelle différente voire non religieuse : le terrain commun fut trouvé dans la reconnaissance de quelques droits inaliénables, qui sont propres à la nature humaine et qui précèdent toute formulation positive.

De cette façon une société substantiellement homogène a posé le fondement qu’aujourd’hui nous reconnaissons valable pour un monde marqué par le pluralisme. Fondement qui, en réalité, indique aussi des limites évidentes à ce pluralisme : il n’est pas pensable, en effet, qu’une société puisse se maintenir à long terme sans un consensus sur les valeurs éthiques fondamentales.

Chers amis, sur la base de tout ce que j’ai indiqué ici, je pense qu’une collaboration féconde entre chrétiens et musulmans est possible. Et de cette manière nous contribuons à la construction d’une société qui, sous de nombreux aspects, sera différente de ce que nous avons apporté avec nous du passé. En tant qu’hommes religieux, à partir de nos convictions respectives, nous pouvons donner un témoignage important dans de nombreux secteurs cruciaux de la vie sociale. Je pense, par exemple, à la sauvegarde de la famille fondée sur le mariage, au respect de la vie dans toutes les phases de son évolution naturelle ou à la promotion d’une plus grande justice sociale.

Pour cela aussi j’estime important de célébrer une Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde ; et nous voulons le faire le 27 octobre prochain, à 25 ans de la rencontre historique d’Assise conduite par mon prédécesseur, le Bienheureux Jean-Paul II. Par ce rassemblement nous voulons montrer, avec simplicité, que, en hommes religieux, nous offrons notre contribution particulière pour la construction d’un monde meilleur, reconnaissant en même temps la nécessité, pour l’efficacité de notre action, de progresser dans le dialogue et dans l’estime réciproque.

Avec ces sentiments je vous renouvelle mon cordial salut et je vous remercie pour cette rencontre, qui enrichit mon séjour dans ma patrie. Merci pour votre attention !

[Texte original: Allemand]

© 2011 : Libreria Editrice Vaticana

 

Synode des évêques pour le Moyen Orient (extrait)

publié le 14 déc. 2010 05:50 par webmaster SRI   [ mis à jour : 20 déc. 2010 08:39 ]

V. Coopération et dialogue avec nos concitoyens musulmans
 
9. Nous sommes unis par la foi en un Dieu unique et par le commandement qui dit : fais le bien et évite le mal. Les paroles du Concile Vatican II sur les rapports avec les religions posent les bases des relations entre l ’ Église catholique et les musulmans : « L ’ Église regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu un, vivant […] miséricordieux et tout- puissant, qui a parlé aux hommes » (Nostra aetate 3). Nous disons à nos concitoyens musulmans : nous sommes frères et Dieu nous veut ensemble, unis dans la foi en Dieu et par le double commandement de l ’ amour de Dieu et du prochain. Ensemble, nous construirons nos sociétés civiles sur la citoyenneté, la liberté religieuse et la liberté de conscience. Ensemble, nous travaillerons pour promouvoir la justice, la paix, les droits de l ’ homme et les valeurs de la vie et de la famille. Notre responsabilité est commune dans la construction de nos patries. Nous voulons offrir à l ’ Orient et à l ’ Occident un modèle de convivialité entre les différentes religions et de collaboration positive entre les diverses civilisations, pour le bien de nos patries et celui de toute l ’ humanité. Depuis la parution de l ’ islam au VIIe siècle et jusqu ’ à aujourd ’ hui, nous avons vécu ensemble, et nous avons collaboré à la création de notre civilisation commune. Il est arrivé par le passé, comme cela arrive aujourd ’ hui encore, quelques déséquilibres dans nos rapports. Par le dialogue, nous devons écarter tout déséquilibre ou malentendu. Le Pape Benoît XVI nous dit que notre dialogue ne peut pas être une réalité passagère. Il est plutôt une nécessité vitale dont dépend notre avenir. (cf. Discours aux représentants des communautés musulmanes à Cologne, 20.8.2005). Il est donc de notre devoir d ’ éduquer les croyants au dialogue interreligieux, à l ’ acceptation du pluralisme, au respect et à l' estime réciproques.  Pour lire le texte intégral  : http://www.eglise.catholique.fr/.../synode-des-eveques-pour-le-moyen-orient/message-final-de-l-assemblee-speciale-pour-le-moyen-orien...

Lettre ouverte à mes soeurs qui portent le voile intégral

publié le 14 déc. 2010 05:45 par webmaster SRI

Par Mehrézia Labidi-Maïza*

Chères sœurs,
Que la paix de Dieu soit avec vous,

Nous voilà au mois de juillet, le vote de la loi interdisant le niqab approche. De toute évidence, une majorité de députés de tout bord vont voter « oui ». Les voix qui se sont exprimées contre cette loi, en mettant en évidence son caractère liberticide, n’ont pas eu d’échos chez les politiques. Nous ne pouvons en aucun cas rejeter toute la responsabilité sur ces derniers et sur l’islamophobie ambiante car nous aussi, musulmans et surtout musulmanes, devons nous poser des questions, revoir nos priorités et prendre en compte les effets positifs et négatifs de la manifestation de notre religiosité dans la société.

Sans aucun doute, notre tenue vestimentaire à nous, femmes musulmanes pratiquantes, est l’une des manifestations les plus importantes de la présence musulmane dans la société française. Est-il sage de la pousser à des extrêmes tels que le port du voile intégral (niqab) ? Est-ce rendre service à l’image de l’islam que de sortir dans la rue la face couverte? Est-ce vraiment une pratique prônée et recommandée par l’éthique islamique authentique ?
Et si les femmes étaient le visage de l’islam qu’il faut montrer et non cacher ? Quelle est la juste valeur de la lecture qui fait l’apologie du retrait physique ou symbolique de la femme musulmane de la vie sociale : est-elle la plus fidèle au texte ou la plus fermée ?

Toutes ces questions et d’autres encore méritent d’être posées par nous, femmes musulmanes, aux sources et aux référents religieux anciens et modernes. Poser les questions est nécessaire mais non suffisant, car il faut s’y atteler pour trouver les réponses. Les femmes doivent y contribuer ! pour lire la suite : http://www.saphirnews.com/Lettre-ouverte-a-mes-soeurs-qui-portent-le-voile-integral_a11682.html

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